Sébastien Lecornu vient de découvrir une nouvelle façon de se faire déculotter. Son numéro de téléphone personnel s'est retrouvé sur Internet après un piratage du Slip Français, une marque auprès de laquelle il avait commandé des sous-vêtements. Une mésaventure qui touche également une bonne partie de son gouvernement. Décidément, même les dessous de la macronie ne sont plus à l'abri.
mise à jour le 09/10/26
Le Slip Français fait tomber le dernier rempart de Lecornu
On connaissait les fuites dans la presse, les fuites budgétaires et les fuites de ministres. Voici désormais la fuite par le slip. Et pas n’importe lequel : Le Slip Français, spécialiste du sous-vêtement tricolore, autoproclamé fournisseur officiel de l’Élysée, vient de rappeler à Sébastien Lecornu qu’en matière de protection, tout ne se joue pas à l’Élysée.
L’histoire commence en 2024. À l’époque ministre des Armées, Sébastien Lecornu passe une commande sur le site de la célèbre marque française. Un achat parfaitement banal, sauf que l’entreprise est victime d’un piratage informatique d’ampleur. Résultat : les données personnelles de quelque 1,5 million de clients sont compromises.
Deux ans plus tard, le 7 octobre 2026, Le Canard enchaîné révèle que le numéro de téléphone du Premier ministre figure parmi les informations exposées. Une découverte également rapportée par Les Numériques.
Le Canard enchaîné évoque des informations personnelles du chef du gouvernement « parties dans les méandres d’internet ».
Pour un ancien ministre des Armées, habitué aux questions de défense et de sécurité nationale, la mésaventure est savoureuse. On peut surveiller les frontières, discuter stratégie militaire et multiplier les discours sur la souveraineté. Mais il suffit d’un caleçon acheté sur Internet pour se retrouver exposé.
25 ministres sur 36 : le gouvernement à découvert
Et Sébastien Lecornu est loin d’être le seul concerné. Selon les investigations du Canard enchaîné, des données personnelles appartenant à 25 des 36 membres de son gouvernement circuleraient sur Internet.
Autrement dit, près de sept ministres sur dix seraient concernés. À ce niveau, ce n’est plus une fuite, c’est une passoire gouvernementale.
Parmi les exemples rapportés figure Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du Numérique, dont le numéro de Sécurité sociale et les coordonnées bancaires seraient également exposés.
D’autres responsables gouvernementaux auraient vu circuler leurs adresses personnelles, leurs coordonnées téléphoniques ou encore des identifiants professionnels.
Ces informations proviendraient de différentes cyberattaques visant des entreprises ou des prestataires privés. Elles auraient ensuite été regroupées dans des bases consultables au moyen de moteurs de recherche pirates.
La macronie découvre les joies de la France numérique
Voilà une expérience que des millions de Français connaissent malheureusement déjà. Numéros de téléphone revendus, courriels frauduleux, tentatives d’escroquerie, informations personnelles qui circulent sans autorisation : la protection des données ressemble parfois à une promesse électorale. Sur le papier, tout est prévu. Dans la réalité, beaucoup moins.
Cette fois, la mésaventure touche directement le sommet de l’État.
Le contraste est particulièrement cocasse pour un gouvernement qui défend régulièrement de nouvelles mesures numériques. Notre rédaction s’était notamment intéressée aux exigences de sécurité et d’exemplarité imposées par Lecornu aux membres de l’exécutif.
Évidemment, changer de numéro de téléphone reste possible. Effacer définitivement des données déjà copiées et diffusées, c’est une autre histoire.
Reste aussi la question des conséquences. La divulgation de coordonnées personnelles peut faciliter les tentatives d’hameçonnage, les usurpations d’identité ou les sollicitations malveillantes. Le sujet dépasse donc largement les mésaventures vestimentaires du locataire de Matignon.
Après le CV, le slip : Lecornu collectionne les embarras
Pour Sébastien Lecornu, cette publicité involontaire tombe dans une période déjà riche en déconvenues.
Le Premier ministre avait notamment été épinglé pour les incohérences autour de son diplôme universitaire. Sans oublier son incroyable parcours à Matignon, marqué par une démission express suivie d’une reconduction décidée par Emmanuel Macron.
Cette fois, aucune motion de censure, aucun député frondeur, aucune négociation parlementaire. Juste un site marchand piraté et une vieille commande qui refait surface.
On pourrait presque saluer la performance : après avoir traversé les turbulences politiques de la macronie, le Premier ministre finit rattrapé par ses sous-vêtements.
Le Slip Français n’est évidemment pas responsable des déboires politiques de Lecornu. Mais il vient de lui offrir une déculottée médiatique dont il se serait volontiers passé.
Et pendant que les Français s’inquiètent pour leurs données personnelles, le chef du gouvernement peut méditer cette grande leçon de sécurité nationale : il ne suffit pas d’avoir un slip français pour être bien couvert.
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