dimanche 17 mai 2026

Loyauté politique et haute trahison

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HANS VOGEL  14 mai 2026


Il fut un temps où la loyauté politique se définissait en termes personnels. Il fallait être loyal au souverain du lieu d'origine, généralement celui où l'on résidait. 
Tel était le cas dans l'Europe de l'Ancien Régime, avant la Révolution française. La loyauté envers l'empereur, le roi, le prince, le duc, le comte ou le baron allait de soi et était, à terme, réciproque. Le souverain local pensait et agissait conformément à l'adage de la noblesse oblige . Il y avait bien sûr des exceptions, et tous les nobles ne se comportaient certainement pas ainsi, mais dans l'ensemble, tel était le principe fondamental qui sous-tendait l'organisation politique en vigueur.

La Révolution française a bouleversé ce système en détruisant le lien ancestral entre gouvernants et gouvernés. La Trinité révolutionnaire (Liberté, Égalité, Fraternité) imposée par la révolution a rencontré un large écho, sinon sans équivoque, du moins comme principes directeurs. Aujourd'hui encore, elle constitue la base de la législation dans la plupart des pays. Les tentatives de certains pour remplacer cette Trinité révolutionnaire par une version plus spécifique, peut-être en raison d'une résonance prérévolutionnaire, n'ont pas rencontré d'écho favorable, à l'instar du « Credere, obbedire, combattere » (Croire, Obéir, Combattre) de Benito Mussolini.


Après l'abolition des valeurs politiques traditionnelles lors de la Révolution française, il devint nécessaire d'élaborer des constitutions écrites définissant le comportement politique requis des différents groupes et catégories sociales. Partout où la monarchie fut rétablie ou adaptée, les nouveaux monarques durent prêter serment d'allégeance aux nouvelles lois. En Angleterre et en Écosse, cette transformation avait déjà eu lieu en 1689 (Glorieuse Révolution).


Depuis l'Antiquité, la (haute) trahison, connue sous le nom de perduellio par les Romains, est un crime passible de la peine de mort (Périclès Bisoukides, Der Hochverrat. Eine historische und dogmatische Studie. Berlin : Heymann, 1903).


Pendant plus d'un siècle, le Nouvel Ordre Mondial instauré par la Révolution française sembla fonctionner de manière satisfaisante. Les personnes accusées de trahison étaient sévèrement punies. En 1812, William Cundell et John Smith furent jugés pour avoir servi dans l'armée française. Leur défense consistait à affirmer qu'ils avaient revêtu l'uniforme français pour faciliter leur fuite en Angleterre. Ils furent néanmoins pendus et décapités ( Haydn's Dictionary of Dates, Londres, 1881, p. 396). Et bien sûr, nombreux sont ceux qui ont entendu parler du capitaine Alfred Dreyfus, qui, en 1894, fut accusé d'avoir transmis des secrets militaires français à l'Allemagne. Il fut envoyé au camp de travail.


Durant les deux guerres mondiales du XXe siècle et la Guerre froide qui s'ensuivit, la haute trahison fut un enjeu central. Ce fut particulièrement le cas après la Seconde Guerre mondiale, au moment du règlement des comptes une fois les hostilités terminées. 


Aux Pays-Bas, en Belgique et en France, la haute trahison (en néerlandais : hoogverraad ou landverraad ) fut le crime reproché à des hommes comme Léon Degrelle, Anton Mussert et bien d'autres. Ceux qui n'avaient pas réussi à fuir vers des rivages plus sûrs furent arrêtés, jugés par un tribunal inique et exécutés. Ils étaient accusés de conspiration et de collaboration avec les forces d'occupation, ainsi que de tentative de porter atteinte aux intérêts nationaux.


Après avoir fui en Angleterre lors de l'invasion allemande de 1940, le gouvernement néerlandais s'installa à Londres. Or, selon la Constitution néerlandaise, son départ du territoire national le rendait de facto illégitime. Fort de la reconnaissance des Anglais et des Américains, il parvint néanmoins à maintenir les apparences et continua d'être considéré comme le gouvernement néerlandais. Le 22 décembre 1943, il promulgua un décret relatif aux poursuites, aux jugements et aux peines pour haute trahison. 


Les Néerlandais accusés et condamnés pour haute trahison après la guerre furent les victimes de ce décret illégal. Comme on peut l'imaginer, ce fait n'a jamais été relevé dans l'historiographie néerlandaise d'après-guerre. Dans le même temps, la fuite de la souveraine néerlandaise, la reine Wilhelmine, vers l'Angleterre est toujours présentée comme un acte de défi et révélateur de son esprit combatif, notamment telle que présentée par son biographe officiel, plutôt flagorneur, Cees Fasseur ( Wilhelmina. Deel 2. Krijgshaftig in een vormeloze jas. Amsterdam, 2001).


Depuis sa « libération » en 1945, les Pays-Bas sont un État client de l'empire américain, comparable à une satrapie perse ou à un proconsulat romain. La souveraineté nationale s'est volatilisée, mais on fait croire au public, et notamment aux électeurs, que leur pays est pleinement souverain. Or, ce n'est même pas le cas officiellement, puisque, comme tous les autres États membres de l'UE, les Pays-Bas ont délégué l'essentiel de leur pouvoir souverain à la Commission européenne à Bruxelles. Une partie de ce pouvoir a également été déléguée à l'OTAN, à l'OMS et à la Banque des règlements internationaux à Bâle, en Suisse.


Comme si cela ne suffisait pas, les membres de l'élite dirigeante mondialiste néerlandaise (je suis conscient de la contradiction inhérente à ces quatre mots) ont traditionnellement appartenu à plusieurs organisations mondialistes et, de ce fait, ne peuvent que se rendre coupables de haute trahison. 


Parmi ces organisations figurent le Groupe Bilderberg, la Commission trilatérale, le Conseil atlantique, le Forum économique mondial, et d'autres encore. Puisque toutes ces organisations tiennent leurs réunions selon les « règles de Chatham House », tout ce qui s'y dit et s'y exprime reste secret pour le monde extérieur. Il va sans dire que ce monde extérieur est en partie constitué par l'électorat néerlandais.

Inévitablement, tout acte ou parole de citoyens néerlandais appartenant aux groupes susmentionnés constitue un acte de haute trahison et est passible de la réclusion à perpétuité. Le fait que cette question ne soit jamais abordée, ni même évoquée, dans le débat public aux Pays-Bas prouve que, comme en Angleterre sous Keir Starmer, le système judiciaire néerlandais est à deux vitesses. La loi est appliquée de manière sélective et les personnes jugées et condamnées ne font généralement pas partie de l'élite mondialiste au pouvoir.

Cela signifie que les vrais traîtres, les vrais criminels ne sont jamais punis.




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