Le président Trump a décidé la semaine dernière de reporter, du moins pour l'instant, le projet d'escalade des frappes américaines contre l'Iran, selon des responsables américains. M. Trump et ses conseillers ont été motivés en partie par la diminution des stocks d'intercepteurs destinés à abattre les missiles iraniens, ont indiqué ces responsables, qui ont requis l'anonymat pour évoquer des questions opérationnelles, rapporte le New York Times .

M. Trump a eu du mal à mettre un terme définitif à la guerre contre l'Iran, déclenchée conjointement par les États-Unis et Israël il y a cinq mois, alors même que le bilan économique mondial et le nombre de victimes américaines ne cessent de s'alourdir. Le cessez-le-feu signé le mois dernier s'est effondré, l'Iran ayant maintenu le blocus du détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial de pétrole et de gaz.

Deux semaines de bombardements américains sur le sud de l'Iran n'ont pas permis de débloquer la situation dans le détroit. Avant la guerre, la navigation y était libre, mais Téhéran bloque désormais le transit, paralysant les marchés mondiaux de l'énergie et accentuant la pression sur M. Trump pour qu'il mette fin au conflit.

Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré que des représentants du sultanat d'Oman, pays riverain du détroit d'Ormuz, s'étaient rendus à Téhéran le week-end dernier pour des discussions concernant cette voie maritime. Oman a parfois joué un rôle de médiateur entre l'Iran et les États-Unis.

« Ces discussions ont été utiles et des progrès ont été réalisés », a déclaré M. Baghaei dans des propos rapportés par les médias d'État, sans toutefois fournir davantage de détails.

Alors que certaines régions du Moyen-Orient connaissaient leurs premières nuits calmes depuis des semaines, un front au moins restait ouvert, au Yémen. Au cours de la semaine écoulée, les Houthis, soutenus par l'Iran et qui contrôlent d'importantes portions du territoire yéménite, se sont livrés à leur plus grave escalade de violence depuis 2022 contre l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis.

La semaine dernière, les Houthis ont décrété un blocus maritime de l'Arabie saoudite en mer Rouge et ont ouvert le feu sur des navires de passage qu'ils accusaient d'être liés au royaume, leur voisin du nord. Les Houthis peuvent ainsi bloquer un autre point de passage maritime stratégique : le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden et constitue l'une des voies maritimes les plus importantes au monde.

Le blocus imposé par les Houthis menace de réduire davantage l'approvisionnement mondial en pétrole. Le prix du Brent, référence mondiale du pétrole, a augmenté de plus de 7 % vendredi, atteignant 100,95 dollars le baril, avant de retomber aux alentours de 98 dollars.

Les forces de la coalition menée par l'Arabie saoudite ont bombardé samedi des sites houthis au Yémen, selon un porte-parole de l'armée saoudienne. Les Houthis ont également affirmé avoir tiré des roquettes et utilisé des drones contre des installations de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne, le long de la mer Rouge. Les autorités saoudiennes n'ont pas communiqué d'informations concernant d'éventuels dégâts ou victimes.