Via : https://regisdecastelnau.substack.com
https://x.com/ame_ism/status/2084696274939335113
Amélie Ismaïli
@ame_ism
"Ingérence russe" : Comment la Macronie vous manipule
Alors que la "menace" des "campagnes de déstabilisation russe" est utilisée par le Gouvernement pour faire passer des lois qui visent à censurer, réprimer et geler les comptes bancaires de toutes personnes suspectées d'y participer (même de façon indirecte) par l'Exécutif à l'approche des présidentielles; et alors que les partis d'oppositions (RN et LFI) sont plongés dans l'aveuglement sur les objectifs RÉELS de ces projets de lois, il est temps de rappeler quelles sont les opinions qui sont systématiquement visées derrière l'accusation "d'ingérences russes".
On rappellera que l'accusation "d'ingérence russe" en Roumanie (qui provenait en réalité du parti libéral pro-européen) a conduit à l'annulation des élections présidentielles et à l'interdiction du candidat qui était arrivé en tête de se représenter ; que cette accusation a conduit à une censure massive de citoyens américains aux Etats-Unis, ainsi qu'à la censure d'informations factuelles (l'ordinateur de Hunter Biden). Cette accusation n'est donc pas anecdotique. Elle implique des risques bien réelles sur la Liberté d'expression et la démocratie.
Cet article liste des faits vérifiables qui devraient alerter chacun sur les intentions réelles qui se cachent derrière ce pieux prétexte de "protéger les élections contre les ingérences étrangères" utilisé par la Macronie.
A. Les "ingérence russes" : une accusation qui vise systématiquement des groupes de citoyens français opposés à Emmanuel Macron
Voici une liste de citoyens français qui ont été accusés de participer, de manière directe ou indirecte, à une "ingérence russe", que cette accusation provienne du Gouvernement lui-même, ou par des officines "spécialisées" financées par le Gouvernement.
1- Les Gilets Jaunes
2. Les relais de l'affaire Benalla
3. Les critiques du vaccin anti-covid19
4. Les manifestants contre la réforme des retraites
5. Les critiques des JO de Paris
6. Les agriculteurs en colère
7. Le mouvement "Bloquons-Tout"
8. Ceux qui dénonçaient l'invasion des punaises de lit (qui était bien réelle selon les autorités de santé)
9. Les soutiens au Rassemblement National
10. Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens
11. Ou encore François Fillon
12. Autrement dit, tous ceux qui critiquent Emmanuel Macron.
B. Les MacronLeaks : l'affaire à l'origine de cette obssession
L'obsession d'Emmanuel Macron contre les "ingérences russes" date depuis son élection en 2017 pendant laquelle des emails issus de l'équipe de campagne LREM ont fuité sur les réseaux sociaux. Les auteurs à l'origine de cette fuite n'ont jamais été identifiés (même Wikipedia le reconnait, c'est dire) mais le Gouvernement français a toujours accusé la Russie d'en être à l'origine.
L'accusation "d'ingérence russe" non prouvée a cependant conduit à l'époque TOUS LES MEDIAS à prétendre que les MacronLeaks ne contenaient "aucune révélation", ni "aucun scandale", mais n'étaient qu'une campagne de désinformation pour nuire à l'élection d'Emmanuel Macron.
👉OR C'ÉTAIT FAUX.
Les MacronLeaks (peu importe leurs auteurs) étaient une fuite d'emails parfaitement authentiques, qui contenaient des informations factuelles au sens le plus strict du terme, et celles-ci ont permis de révéler un scandale majeur : l'affaire McKinsey.
C'est en consultant ces emails que des journalistes ont trouvé des dizaines d'échanges démontrant l'implication de responsables du cabinet de conseil au sein de la campagne d'Emmanuel Macron et à l'élaboration de son programme, pour qu'une fois élu McKinsey s'ingère dans les affaires de l'Etat via des contrats excessivement bien payés, sans n'avoir à payer d'impôts en France puisque son siège est aux Etats-Unis.
Ironiquement, c'est la définition même d'une "ingérence étrangère" d'une incidence mille fois plus grave que trois faux comptes russes qui publient des fake news grossières. On parle là d'une vraie "ingérence" qui a eu une influence considérable dans les politiques publiques.
Mais ce qui est encore plus ironique, c'est que les médias (comme Le Monde) qui avaient qualifié les MacronLeaks de "campagne de désinformation russe" au moment des présidentielles sont les mêmes qui, bien des années plus tard, se serviront des MacronLeaks pour révéler l'affaire McKinsey.
Il est cependant vrai qu'il y avait quelques faux grossiers disséminés dans les premiers emails qui ont fuité sur les réseaux sociaux pendant la campagne de 2017.
Sauf que ces faux ne provenaient pas des auteurs du piratage eux-même... mais de l'équipe de campagne de LREM, sous la responsabilité de Mounir Mahjoubi.
Averti sur ce piratage par le renseignement américain, les équipes de Mahjoubi ont créé des milliers de fausses données et faux documents pour destabiliser les hackers, une stratégie qui s'appelle le "Cyberblurring".
Le résultat a été plutôt efficace : les quelques faux étaient tellement grossiers qu'ils ont automatiquement frappé de discrédit l'ensemble des emails qui contenaient des informations authentiques, ce qui a permis d'étouffer le risque de scandale. Pendant un temps du moins. Car Wikileaks (qui vérifie scrupuleusement l'authenticité de chaque document publié sur leur site) va faire le tri et ne publier que les emails authentiques issus des MacronLeaks, grâce auxquels des journalistes ont pu découvrir l'affaire McKinsey, mais seulement bien des années après l'élection.
(Source ci-dessous : BFM, notez la dernière phrase)
C/ Les tentatives de Lois pour censurer des opposants derrière le prétexte "d'ingérence étrangère"
À l'époque, Macron avait justement utilisé l'affaire des MacronLeaks pour faire promulguer une loi en 2018 (un an après son élection) contre les "fake-news en période électorale", déjà présentée à l'époque comme un moyen de protéger le scrutin contre les "ingérences étrangères" (à l'instar des MacronLeaks, donc...).
Cette loi stipule qu'un juge des référés peut être saisi pour ordonner la suppression en 48 heures d'une fausse allégation susceptible d'altérer la sincérité du scrutin électorale. Sauf que pour éviter que cette loi se transforme en instrument de censure d'opinions, le Conseil Constitutionnel avait ajouté que le juge ne pourrait ordonner la suppression d'une fake-news qu'à la condition stricte que la rumeur soit purement fictive, ne relève ni d'opinion, ni d'une interprétation d'un fait vérifiable, et qu'elle atteigne une audience massive susceptible de représenter un risque "manifeste" d'altérer le scrutin.
Dans la mesure où la quasi totalité des "fake news" qui sont dénoncés dans le débat public ne remplissent pas ces critères, cette loi n'a donc JAMAIS été appliquée, JAMAIS, en 7 ans et plusieurs élections.
➡️ C'est la preuve la plus limpide que tout ce qu'on vous raconte sur cette prétendue menace des "fake-news" diffusée par "les russes" qui pourraient manipuler les électeurs français est un MENSONGE.
L'ensemble des projet de lois qui ont suivi l'échec de ce référé anti-fake news visait donc un moyen d'obtenir la censure de ces opinions et informations qui dérangent la Macronie sans que leur caractère "faux" n'ait besoin d'être prouvé par un juge :
----> Loi Avia (2019) : censure automatique des plateformes sans décision judiciaire. Résultat : censuré par le conseil constitutionnel.
----> Digital Service Act (2022) : introduit l'obligation pour les plateformes de collaborer avec les autorités nationales pour prévenir les "risques systémiques" sans besoin d'un juge. Jugé trop peu efficace depuis le rachat de Twitter par Elon Musk et le changement de politique de Meta par Mark Zuckerberg.
----> Loi pour prévenir les "ingérences étrangères" (2024) : autorise les Ministre de l'économie et de l'intérieur à geler les comptes d'une personne suspectée (sans preuve ni juge) d'avoir un lien même "indirect" avec une ingérence étrangère. Cette loi a été promulguée en plein été des JO, et n'a jamais été examiné par le Conseil Constitutionnel suite à la dissolution. Cette loi est gravissime, mais jusqu'ici, la Macronie n'a pas osé trop l'utiliser (sauf pour Xenia Fedorova) pour ne pas heurter l'opinion publique, et ne permet toujours pas à l'exécutif de censurer lui-même des informations ou opinions diffusées sur internet.
➡️ D'où l'objectif du projet de loi contre les "ingérences étrangères" (2026) : élargir le référé anti-fake news (jusqu'ici inutile), sauf qu'il ajoute qu'une commission pseudo-indépendante (mais dirigé par la SGDSN, sous l'autorité du Premier Ministre) pourra se charger de "caractériser" la prétendue "ingérence" pour influencer le juge des référés. Cette loi a été proposée au Sénat et doit être débattu dans les prochaines semaines.
Conclusion : ne tombez pas dans le piège.
Cet article est fait pour alerter tous les élus de l'opposition qui sont en train naïvement de plonger la tête la première dans le piège de la Macronie en pensant qu'il s'agirait "réellement" de lutter contre les "campagnes de désinformation" pilotées par des acteurs étrangers. Ces projets de Loi ont TOUJOURS visé à censurer VOS SOUTIENS.
Il ne s'agit absolument pas de nier en aucune façon que la Russie (comme beaucoup d'autres pays) utilise des faux comptes pour tenter d'influencer les citoyens occidentaux. La réalité c'est que la technique qui consiste à utiliser ce moyen pour lancer une "fausse rumeur" contre un potentiel candidat n'a jamais eu la moindre incidence sur un scrutin.
Pourquoi ? Parce que les internautes français sont beaucoup moins "stupides" que les médias tentent de le faire croire. Les cas de "fake-news" qui ont réussi à atteindre un minimum de visibilité sont extrêmement rares, et ne durent jamais longtemps car elles sont aussitôt dénoncées comme des faux par les internautes eux-même. On est en train de vous faire croire à une "menace" qui n'existe pas : aucun travaux de recherche n'a jamais montré la moindre influence d'une "fausse rumeur" sur un scrutin dans une élection d'un pays occidental.
Ce qui existe, en revanche, ce sont des faux profils pilotés par des acteurs de toutes sortes (étrangers ou français, privé ou politique, ect) qui tentent de s'infiltrer dans un débat politique pour amplifier une opinion ou une information vraie. On parle donc de contenus que l'on ne peut théoriquement pas censurer sauf à violer la Liberté d'expression protégée (en théorie) par la Constitution. Et là non plus, il n'y a jamais eu aucune preuve que cette méthode réussisse à influencer une élection, en raison de la concurrence considérable, et car les faux profils se repèrent assez facilement. Les électeurs font leur choix sur de toutes autres raisons qui n'ont rien à voir.
Il est de toute façon extrêmement dangereux de laisser l'Exécutif se charger de décider, sans besoin de preuve, de qui relève d'une "ingérence étrangère" ou non, d'une désinformation ou non. Ce sont les citoyens français sincères qui sont directement visés derrière ces prétextes.
Toutes les ONG spécialisés dans la lutte contre la "désinformation" ou les "ingérences" ont le même parti-pris politique favorable à l'extrême-centre : ils n'existent pas de "chercheurs indépendant" ou de la "société civile" spécialisé sur ce "thème" qui ne sont pas intrinsèquement pro-macroniste. Les vrais chercheurs indépendants, sont justement ceux qui dénoncent une instrumentalisation politique des "fake-news" comme une panique excessive.
Cela signifie que l'on peut créer des gardes-fous autant qu'on veut, tout "observatoire" ou "commission" chargée de détecter ces "ingérences" présumées ne sera jamais "indépendante", mais ciblera automatiquement les opinions de droite comme de gauche qui s'opposent à la doctrine politique néolibérale et européiste d'Emmanuel Macron, pour y jeter la suspicion "d'ingérence russe".
Et si cet article ne suffit pas, il convient de rappeler que le premier Parti à utiliser des trolls en ligne, des faux comptes et des bots pour tenter d'influencer une élection, y compris pour diffuser des fake-news, c'est... la Macronie. Cela avait été révélé par Le Monde, en 2019, une époque où ce journal était encore capable d'un minimum de lucidité...
05:41 · 5 août 2026





















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