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Avez-vous déjà remarqué que la mort ne survient pas toujours d'un coup ? Parfois, elle commence lentement, silencieusement, d'une manière que nous percevons à peine.
C’est précisément ce qui arrive aujourd’hui aux Alaouites en Syrie . Lorsqu’une personne est prise pour cible en raison de son identité, elle n’est pas tuée sur-le-champ ; elle est d’abord enlevée, arrachée à sa vie, placée hors du temps.
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Ici, une arrestation arbitraire n'est pas une mesure de sécurité ; c'est le début d'une mort lente. Un jeune Alaouite est arraché à son domicile : sans inculpation claire, sans procès, sans rien de concret — il disparaît tout simplement.
Dans les prisons, il n'y a pas d'acte isolé. Il y a tout un processus : torture, viol, passages à tabac, privation de nourriture, humiliations. Tout cela se déroule sans cesse, s'étirant dans le temps, encerclant la personne de toutes parts, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune distinction entre les instants, entre le début et la fin. Le corps s'épuise peu à peu, perdant sa capacité d'endurance, devenant un objet contrôlé de l'extérieur – incapable d'arrêter ce qui se passe, ou même de comprendre quand cela a commencé ou où cela finira.
Une personne atteint un stade où elle ne peut plus continuer, où son existence même ne tient qu'à quelques instants fugaces. À ce moment-là, elle est libérée – renvoyée au monde dans cet état, portée par ce qui reste d'elle-même – pour que sa vie s'achève peu après, hors du lieu où tout s'est déroulé.
Voici ce qui est arrivé à Fater Ratib Hamdan, un jeune Alaouite du village d'Hadatha, dans la campagne de Homs.
Il était marié depuis seulement trois mois. Il a été arrêté arbitrairement il y a plus d'un an lors de raids menés par les autorités djihadistes-fascistes de facto en Syrie.
Il a complètement disparu de la vie de sa famille, puis a été transféré entre différents lieux de détention jusqu'à se retrouver à la prison de Hama, où il a subi des tortures graves et systématiques, ainsi qu'une privation totale de soins médicaux.
Son corps a été laissé à l'abandon, sans intervention, portant les stigmates des tortures et de l'épuisement, avec des traces d'injections létales qui ont accéléré son déclin.
Il a été libéré quelques jours avant son décès, non pas en convalescence, mais en phase terminale. Il a été transporté à l'hôpital Al-Kindi, où les médecins ont confirmé qu'il n'y avait aucun espoir de survie. Il n'y est resté que quelques jours avant de rentrer chez lui, incapable de bouger ou de se retourner dans son lit, jusqu'à son décès.
Fater est parti, laissant derrière lui un mariage qui n'a jamais eu la chance de commencer pleinement, une maison qui n'a jamais été construite et une plaie ouverte dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu.
Ce qui lui est arrivé ne se limite pas à la torture ou à la négligence. Priver un détenu de soins médicaux et le laisser mourir est une forme d'homicide, un élément d'une méthode globale visant à ôter la vie à un être humain.
Ce traitement se répète contre les Alaouites dans ces prisons, et par la répétition, il devient un pilier fixe d'un génocide qui ne se déclare pas, mais qui se pratique chaque jour.
Ici, la mort ne survient pas d'un seul coup.
Nous remercions Mark Taliano, chercheur associé chez CRG, de nous avoir fait part de cet article.
L'image principale provient de l'auteur.

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