Des enquêtes pour maltraitance d'enfants sont en cours dans 84 écoles maternelles, 20 écoles primaires et une dizaine de garderies.
Un vaste scandale de maltraitance infantile en France, impliquant des enfants dès l'âge de trois ans, dans plusieurs écoles maternelles et primaires publiques, a choqué le pays et soulevé des questions sur la sécurité des enfants.
Selon le Guardian, des « surveillants » de ces écoles font l'objet d'enquêtes pour viol, agression sexuelle et violence, tandis que la police enquête sur près d'une centaine d'allégations de mauvais traitements, de violences physiques et de viols d'enfants.
Le parquet a confirmé que les abus présumés se seraient produits pendant les pauses déjeuner, les siestes et les activités extrascolaires.
« Nous avons des enquêtes en cours dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles primaires et une dizaine de crèches », a déclaré Laure Beccuau, procureure de Paris.
Cinq personnes ont été convoquées au tribunal, a ajouté Beccuau.
Emmanuel Grégoire, maire de Paris, qui affirme avoir lui-même été victime d'abus sexuels lors d'un programme de natation extrascolaire à l'école primaire, a annoncé des dizaines de suspensions et s'est engagé à éradiquer de telles violences, a rapporté l'AFP.
Qui sont les moniteurs ?
Dans les écoles françaises, les surveillants sont des adultes recrutés par les collectivités locales dans les établissements publics pour s'occuper des enfants pendant les récréations, les siestes et les activités périscolaires. Selon un article du Guardian, ces surveillants ne possèdent souvent aucune qualification professionnelle et sont de plus en plus souvent embauchés de manière occasionnelle, parfois rémunérés à l'heure.
Suite à ces révélations massives, la maire Gregoire a promis un meilleur contrôle des candidatures de moniteurs et une formation améliorée pour les recrues, notamment sur la manière de signaler les cas présumés de mauvais traitements.
Violée, maltraitée, privée de nourriture, tirée par les cheveux
Les surveillants auraient été accusés d'avoir crié sur les enfants, de les avoir bousculés, de leur avoir tiré les cheveux, de les avoir privés de nourriture, de les avoir forcés à vomir et de les avoir agressés sexuellement ou violés.
Selon l'AFP, parmi les accusés figure un surveillant scolaire de 47 ans accusé d'agressions sexuelles sur trois filles et de harcèlement sexuel sur neuf autres alors qu'elles avaient 10 ans en 2024. Le parquet a requis une peine de 18 mois avec sursis contre cet homme, suspendu en 2024, ainsi qu'une interdiction de travailler avec des enfants.
Une autre fillette de trois ans aurait été violée par un surveillant scolaire dans une école de l'ouest parisien, rapporte The Guardian, ajoutant qu'un autre garçon de trois ans aurait également été violé par le même surveillant après avoir été transféré dans une autre école suite à des plaintes pour violences physiques envers des enfants.
Les deux affaires sont représentées par l'avocat Louis Cailliez, qui a déposé plainte auprès de la police en février.
Des parents lancent des écoles collectives #MeToo
Les parents des victimes de ces abus ont formé un collectif appelé #MeTooEcoles. La cofondatrice, Barka Zerouali, affirme que les plaintes pour abus sexuels sur mineurs ont longtemps été ignorées par les autorités municipales, rapporte France 24.
« Je crains que ce ne soit que le début, car je connais de nombreuses familles qui n'ont toujours pas de nouvelles des autorités. Nous ne sommes pas seulement en colère, nous sommes indignés. C'est comme parler à un moulin », a déclaré Zerouali.
« La société française prend conscience que l'école n'est pas le havre de paix qu'on imaginait. Lorsqu'on dépose son enfant à l'école le matin, il n'est absolument pas protégé contre les dysfonctionnements administratifs et les comportements pédophiles. Les enfants sont confrontés à toutes les formes de violence : verbale, physique, sexuelle. C'est terrifiant et cela engendre la peur. Les parents sont indignés », a déclaré un porte-parole du collectif.

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